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 Littérature : Simon R Green

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Haimji
Sushi de Combat
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MessageSujet: Littérature : Simon R Green   Lun 14 Mar 2016 - 19:10

Un petit bijoux d'humour livresque.

Hier j’ai lu les 3 premiers tomes de sa série "Nightside" :

Tome 1 a écrit:
Je m’appelle Taylor, John Taylor. Ma carte de visite dit que je suis un détective privé, mais en fait je suis plutôt un expert pour retrouver les objets perdus. Cela fait partie du don avec lequel je suis né, dans le Nightside. J’en suis parti il y a pas mal de temps, pour sauver ma peau et ce qu’il me restait de raison. Aujourd’hui, je gagne ma vie dans les rues ensoleillées de Londres. Mais ces derniers temps, les clients se font rares. Aussi, lorsque Joanna Barrett a débarqué dans mon bureau, suintant la richesse par tous les pores de sa peau, pour me demander de retrouver sa fille qui avait fait une fugue, je n’ai pas pu dire non. C’est alors que j’ai découvert où sa fille s’était barrée. Dans le Nightside : deux kilomètres carré d’enfer en plein cœur de Londres, un endroit où il est toujours trois heures du mat’ ; où l’on croise des mythes à tous les coins de rue ; où l’on peut boire un pot avec un monstre. Rien n’y est comme il parait et tout y est possible. J’avais juré de ne jamais y remettre les pieds. Mais une jeune fille est en danger, et sa mère compte sur moi. Alors je n’ai pas le choix : il faut que je rentre à la maison…

Quelques extraits :

Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu de porte-flingues aussi bien habillés, mais leur langage corporel les trahit. Ils auraient pu tout aussi bien porter des tee-shirts « Bonjour, je m’appelle Luigi et je travaille pour la Mafia. »


Je n’utilise plus de portable dans le Nightside. Je suis déjà assez repérable comme ça. En plus, les communications sont étranges ici. On peut se retrouver avec de mystérieux faux numéros et parler à des gens d’autres dimensions, d’autres époques. Entre deux appels, on court même le risque d’entendre des gens vous chuchoter d’abominables vérités… J’ai enseveli mon dernier portable dans un sol maudit et j’ai déversé du sel sur la terre, juste pour être sûr.


Le Collectionneur nous entraîna dans l’une des allées qui, pour un œil non averti, ressemblait à toutes les autres. Nous le suivîmes en faisant des grimaces dans son dos, mais sans nous laisser distancer. Des centaines de passages se croisaient pour former un labyrinthe où il était facile de se perdre. Mes yeux couraient sur les caisses que nous dépassions. Certaines portaient des légendes et des numéros de référence. Sur une des légendes on pouvait lire « Expédition en Antarctique 1936, ne pas ouvrir jusqu’au retour des Grands Anciens ». En dépit de la chaleur générale de l’entrepôt, la caisse était couverte de givre. Il y avait une autre boîte beaucoup plus grande avec la mention « Roswell 1947 ». Elle avait des trous d’aération, et quelque chose grogna à l’intérieur, quelque chose de pas content du tout.


La Tare Académie avait le sens du spectacle. Ainsi, vous pouviez éprouver la peur de voir vos couilles rapetisser avant de disparaître, la peur d’entendre subitement tout le monde parler avec l’accent belge, la peur de voir des gens vous montrer leurs photos de vacances et la peur de ne pas retrouver vos clefs de voiture.
Tout cela aurait pu tourner à la blague si je n’avais pas vu l’un des clients se peler lentement la peau du bras en essayant de chasser les insectes qui la recouvrait. Un autre s’arracher les yeux, puis les piétiner plutôt que de continuer à subir les visions qu’ils lui communiquaient. Certains se convulsaient, victimes de crises cardiaques. Les Académiciens contemplaient leur œuvre et riaient. Ils n’en finissaient plus de rire.


La chaîne des Salsas du démon se spécialisait dans les chilis incendiaires avec toutes les variantes possibles. Une bouchée, et vos plombages fondaient et vos cheveux prenaient feu. Les chilis de l’enfer. Ils ont trois toilettes et pas de file d’attente. Les rouleaux de papier sont stockés dans des réfrigérateurs. Je vous parle de chilis atomiques et je n’imagine même pas les retombées. Ici, c’est pour les vrais fans de chili. Le tableau de la porte annonçait le menu du jour, du chili au wasabi. Le wasabi est une moutarde japonaise des plus féroces qui devrait être interdite par la convention de Genève. Ce truc est pire que le napalm.


- Et la liberté individuelle ? demandai-je.
- Quelle liberté ? s’étonna M. Cavendish. Nous parlons d’argent.


Il y avait un autre panneau qui parlait de sushis gratuits du moment qu’on fournissait le poisson. L’esprit d’entreprise est une chose merveilleuse.


La fierté du Night Times venait de son souci pour la vérité, toute la vérité, et autant de ragots qu’il pouvait se le permettre. Ça a fortement déplu à nombre de gros bonnets qui ont tous essayé de réduire le journal au silence par la magie, par la force, ou par des mesures politiques ou économiques. Mais, depuis deux cents ans, le Night Times continuait à sortir les squelettes cachés dans les armoires des puissants, au propre comme au figuré. Le fait que ce canard ait autant d’alliés que d’ennemis aidait beaucoup. La dernière fois qu’un inconscient avait envoyé une armée de porte-flingues pour museler le journal, les Sœurs de l’Immaculée Tronçonneuse avaient fait l’une de leurs rares apparitions en public pour régler le problème. Elles avaient causé un tel carnage que les égouts avaient saigné pendant trois jours d’affilée.


- Parle-moi de la carte, Jack, dis-je sans infirmer mes présomptions. Quel est ton lien avec le Collectionneur ?
- Rien de sérieux. Il a envoyé l’Académie me menacer. Il avait entendu dire que j’avais failli trouver le Graal impie il y a quelques années de ça, en France. Je faisais des fouilles à Rennes-Château, je cherchais le Faucon maltais…
- Je te croyais plus futé, Jack. Ne jamais chercher le Faucon maltais, c’est la première règle du détective privé.


On a failli tout perdre le mois dernier. En effet, des démons sumériens ont possédé les disques durs et on été obligés d’appeler un techno-druide pour les exorciser. J’avais jamais entendu un langage pareil auparavant, et, même après son départ, le bureau a pué le gui brûlé pendant plusieurs semaines.


On y trouve les meilleurs restaurants, et ils proposent des mets disparus depuis plusieurs siècles et des recettes interdites dans les établissement normaux. Il y a même des enseignent proposant des viandes d’animaux éteint ou imaginaires. Ceux qui n’ont pas goûté aux filets de dodo, aux omelettes d’œufs de roc, aux cuisses de dragon en papillotes ou aux yeux de basilique (ce plat n’engage pas la responsabilité du restaurant) ne peuvent pas comprendre. Il y a des tables mortelles dans le Nightside.


A chaque téléportation, je vois ma vie défiler devant mes yeux. Enfin, la version tous publics. Tout me semble si logique dans ces moments-là. Pourvu qu’un tordu ne trouve pas un moyen d’y glisser des pubs.


Belle. La version courte pour La Belle Dame sans merci. Grande et élégante, belle et sophistiquée, incroyablement élancée. Elle avait du maintien, du style, un charme venimeux et un dédain aristocratique pour des futilités comme l’éthique, la morale, le bien ou le mal. Elle était ce qu’elle était, et ça la ravissait. Elle avait des traits magnifiques, un front dégagé, des yeux violets et une bouche pulpeuse. Belle travaillait en indépendante. Espionnage, meurtre, vol et conspiration, elle exauçait tous les désirs tant qu’on la payait. Elle avait tout fait, et comme il lui plaisait. En Europe, elle avait sauté de capitale en capitale, laissant dans son sillage un parterre de cœurs brisés, et souvent les corps en prime, sans aucun remords. En général, elle évitait le Nightside. Elle prétendait que l’endroit était une insulte à son rang. Je crois surtout qu’elle n’aimait pas la concurrence sérieuse.


- Dis donc, Taylor, tu sais comment on appelle une centaine de nazis morts ?
- …
- Un bon début.
- Très moyen, Suzie, même pour toi. La prochaine étape, ce sont les histoires de Toto.


- Tu as toute mon attention. Des anges… et le Graal impie. Coquin. Ça sort un peu de ta routine ? L’argent marche sur les anges ?
- Même pas sous forme de roquette. Tu pourrais attacher un de ces emplumés à une bombe nucléaire, et il ne clignerait même pas de l’œil. Ces salauds sont des boss de fin de niveau !


J’avais presque atteint le bureau insonorisé de Julien quand le chroniqueur mondain recula sur sa chaise pour me barrer la route. Argus aux mille yeux, le métamorphe. Il pouvait prendre n’importe quelle forme et s’infiltrer partout. Il voyait tout, entendait tout et en retranscrivait la plus grande partie. Sa curiosité était sans borne, et il ignorait le sens du mot « scrupule ». Il recevait plus de menaces de mort chaque semaine que toute l’équipe au grand complet. C’était une des raisons pour lesquelles il n’avait jamais révélé sa véritable identité, ni sa véritable apparence. Les rumeurs sur sa vie sexuelle des plus complexes frisaient le scandale. En ce moment, il avait l’apparence de cet illustre journaliste, Clark Kent, tel que Christopher Reeve l’incarnait dans la série de films sur Superman.


Elle avait aussi un don, celui de pouvoir saouler n’importe qui, que ce soit en paroles ou avec de la boisson, tant qu’il n’était pas déjà mort ou complètement défoncé. L’alcool semblait être à la base de son régime alimentaire, ça plus l’énergie inépuisable des adolescents, je ne vous raconte pas le cocktail.


Ses vêtements avaient le style et l’élégance discrète du gros pognon. Quand elle prononça mon nom, sa voix avait un tel accent aristocratique qu’on pouvait presque sentir sur son cou la sensation de « fraîcheur » chère au docteur Guillotin.


- Attends un peu, répondis-je avec sévérité. Je viens de m’apercevoir d’un truc plutôt inquiétant. Qui s’occupe de mon bureau tout neuf et hors de prix pendant que tu cavales et que tu t’enivres dans des bars louches ?
- Oh, ricana ma secrétaire avec un sourire narquois, j’ai fait une superaffaire sur des ordinateurs du futur ! Ils gèrent l’agence presque tout seuls maintenant. Ils répondent même au téléphone en méprisant nos créanciers.
- Tu parles d’ordinateur du futur…, répliquai-je d’un ton soupçonneux. A quels points sont-ils évolués ? Ce sont des intelligences artificielles ? Vont-ils demander un salaire ?


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Haimji
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MessageSujet: Re: Littérature : Simon R Green   Lun 14 Mar 2016 - 19:26

- Tu es croyant Taylor ?
- Dur d’être athée dans le Nightside. Et pas seulement parce que le royaume des cieux est ouvert aux plus démunis. Je suis persuadé qu’il y a un Dieu, un Créateur. En revanche, je pense qu’il se moque éperdument de nous. Je ne crois pas qu’on soit important pour lui, et toi ?
- Avant, je me disais agnostique non pratiquante. A présent, je suis une hérétique œcuménique. J’ai traîné un peu avec ces mecs du culte de Kali, mais ils m’ont jetée ; ces lopettes ont prétendu que j’étais trop sanguinaire. En fait… je crois surtout aux flingues, aux couteaux et aux choses qui dont « boum ».


Je connais pas mal de créatures magiques – surtout de sexe féminin – dont le chant apporte l’horreur et la mort : les sirènes, les ondines, les groupes qui copient Bananarama…


- Nous garantissons la sécurité des gens qui viennent nous trouver, dit la voix. C’est notre façon et notre raison de vivre. Nous acceptons de parlementer, mais nous ne trahirons jamais nos principes.
Je regardai Suzie.
- Et après quelle pauvre créature cours-tu, cette fois ?
- Personne d’important, simplement une ordure d’avocat qui s’est enfui avec la rente d’un client. Cinq millions de livres plus quelques titres. Je perçois dix pour cent de ce que je peux récupérer.
- Un avocat ? répéta la voix, bon sang ! Si on avait su avant qu’il était… des leurs, on vous l’aurait livré depuis longtemps !
Je souris à Suzie.
- Et voilà, une fois de plus la raison et la diplomatie triomphent. Tu vois comme c’est facile, quand on essaie d’abord le bon sens.
La motarde grommela et baissa son fusil.
- Je déteste être raisonnable, c’est mauvais pour ma réputation.


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